Mon histoire
Avant de rencontrer la terre, j'ai évolué pendant plusieurs années dans le marketing digital, l’événementiel sportif et l’accompagnement de projets associatifs. Quand, un matin d’automne, la terre est venue frapper à ma porte, éveillant en moi un besoin impérieux de toucher l’argile. Deux heures plus tard, je sculpte ma première pièce, une main, ma main. C’était il y a cinq ans. Depuis, ce médium ne m’a plus quittée.
Après une première année d’exploration autodidacte, je me forme auprès de la sculptrice Natasha Mercier et des potiers Grégoire Scalabre et Christophe Bonnard. En 2023, j'obtiens mon CAP tournage en céramique, marquant une étape clé dans mon parcours.
En avril 2024, je présente mes premières créations dans un café-galerie, avec l’appréhension des débuts. Ce moment fut un véritable électrochoc. Face à mes sculptures, je comprends pourquoi elles existent, pourquoi elles communiquent entre elles. Elles racontent mon histoire. Tout prenait sens : continuer, exprimer, montrer.
C'est à ce moment-là, que je fonde l’atelier Pachamama, un incubateur inclusif pour céramistes au sud de Paris (il réunit aujourd'hui une cinquantaine de céramistes du territoire). Ce lieu relie mon désir d’accompagner les projets artistiques, de transmettre et d’ouvrir la pratique de la céramique à des publics éloignés, tout en restant profondément ancré dans la matière.
Portée par un engagement féministe, je façonne des figures féminines puissantes — femmes ancrées, madones du quotidien — et anime des ateliers de street art dans les quartiers populaires.
Ses sculptures racontent des fragments d’histoires intimes et collectives. Toutes ses femmes portent en elles un éclat de Julia.
Démarche artistique
Mon travail explore la représentation des femmes dans leur diversité, leur puissance et leur capacité de résistance. À travers la sculpture, je cherche à les rendre visibles, à les célébrer et à leur offrir une place centrale.
Mes créations se déploient autour de deux séries principales.
Les Madones représentent des femmes du quotidien, mises en scène dans des alcôves ou en bas-relief, parfois directement dans l’espace public. En les inscrivant dans des dispositifs proches du sacré, je les élève au rang d’héroïnes contemporaines. Maquillées, colorées, parfois ornées, ces figures assument une présence affirmée. Je n’hésite pas à jouer avec la couleur et les matières — peinture, émaux, engobes, cirage — pour souligner leur singularité et l’émotion qu’elles dégagent.
La série Éléments Terre donne naissance à des figures féminines démesurément hautes, enracinées et puissantes. Ces femmes-arbres incarnent une force intérieure qui les pousse à s’élever. Leurs cheveux, assimilés à des feuillages matérialisent leur lien profond à la nature et leur aspiration à la liberté. Ici, le travail de la texture prime en résonance directe avec le vivant.
À travers ces deux séries, je cherche à faire exister une armée symbolique de figures féminines combattantes, connectées à la terre et à leur puissance. Chaque sculpture est vécue comme une naissance. Un lien intime et presque organique se tisse entre moi et ses figures. Une sculpture n’est achevée que lorsqu’une émotion a circulé entre moi et l’œuvre ; tant que ce passage n’a pas eu lieu, la pièce reste ouverte.
